Après une journée entière à faire du shopping à Oxford Street, Heather rentra, les bras chargés, dans l’appartement où elle séjournait. C’était une chambre meublée avec goût dans un style maison de campagne avec de confortables canapés et des rideaux à festons, une cuisine moderne entièrement équipée, et situé dans Beaufort Gardens, un quartier tranquille bordé d’arbres, au cœur de Londres, à quelques minutes de Harrods et des boutiques de Knightsbridge et South Kensington.

Elle prit un bon bain et se mit en mode relax. Pour la soirée, elle décida d’aller danser dans un bar avec DJ dans le quartier de Soho, moyen le plus courant pour draguer ou se faire draguer. En s’examinant dans le miroir de la salle de bains, elle estima que sa tenue était sexy : une robe longue, dos nu noir et fendue. Son but était de faire comprendre qu’elle était sexuellement disponible.

Soho était un quartier qui bougeait avec ses pubs, boîtes, cafés mais aussi connu pour être le cœur de l’industrie sexuelle de Londres avec le plus grand nombre de magasins sado-maso, de sex-shops et de boîtes à strip-tease où se côtoyaient lesbiennes, gays et prostitués ! Mais c’était, avant tout, un quartier chaleureux et multiculturel dans lequel il était très agréable de se promener, faire du shopping, voir une pièce de théâtre ou encore prendre un verre.

Elle entra à l’Alligator à 23 heures. Il y avait beaucoup de monde ! Le DJ assurait une bonne ambiance et les clubbers sur la piste de danse gesticulaient des bras, des jambes, des pieds et de la tête au rythme de la Dance music. D’un air amusé, Heather balayait la salle du regard quand une femme blonde bien habillée la prit par le bras et l’entraîna vers la piste de danse. Elle se laissa guider aveuglément. Sa cavalière la plaqua contre elle et entreprit une séance de frotti-frotta. Elle était légèrement plus grande qu’elle, avait un visage à l’ovale parfait, des traits fins, des yeux bleus, très clairs, un joli nez en trompette, une bouche sensuelle et gourmande aux lèvres pulpeuses, un corps à la poitrine voluptueuse. Heather ne tenta même pas de se dérober, bien au contraire, la situation l’excitait.

Sa cavalière cessa de danser et l’entraîna à une table. Après les présentations – elle s’appelait Darleen, avait 40 ans, était anglaise et parlait couramment le français –, Heather s’assit à côté d’elle, s’adossa dans le fauteuil en étendant ses jambes, ce qui découvrit généreusement ses cuisses. Son geste effectué sans aucune préméditation pouvait être pris comme une invitation à aller plus loin. Elle sourit. Darleen ne s’y trompa pas, les lèvres pleines et humides légèrement entrouvertes s’approchèrent des siennes. La langue entrouvrit ses lèvres, glissa dans sa bouche. Heather ferma les yeux et répondit aux mouvements de langue qui avaient trouvé la sienne. Elle se surprit à apprécier cette langue qui rampait lentement contre la sienne, qui s’enfonçait toujours plus loin dans sa bouche. Elle se laissa envahir par la saveur de cette bouche qui occupait la sienne.

L’homosexualité féminine lui avait toujours paru puérile et rebutante. Pourtant, les sensations procurées par ce baiser étaient indéniablement agréables. Un frisson hérissa sa peau quand Darleen caressa son bras. Les baisers qui s’ensuivirent furent tumultueux. Heather éprouva du plaisir. Tout en continuant de dévorer sa bouche, Darleen palpa ses seins et glissa deux doigts sous le décolleté de sa robe, elle pinça la pointe de ses tétons qui réagirent immédiatement en s’érigeant. Un doigt glissa entre les lèvres de sa chatte, massa les bords de l’orifice et s’introduisit en elle ; Heather ne refusa pas le contact. Tout d’un coup, Darleen déclara :

– J’ai envie de te faire l’amour.

Heather répondit :

– Oh, tu me rends dingue !

Heather jeta un coup d’œil autour d’eux. Personne ne faisait attention à ce qu’elles faisaient. D’autres couples se pelotaient et se roulaient des patins.
« Allons dans un endroit plus tranquille », annonça Darleen.

Elles se dirigèrent vers les toilettes, Darleen verrouilla la porte. Debout, face à face, elles se regardèrent, le visage illuminé, les yeux pétillants ; elles se sourirent tout en se caressant les cheveux et s’embrassèrent. Darleen déboutonna la robe de sa compagne et la fit glisser au sol, Heather cambra le dos. Puis, les doigts achevèrent de dégrafer son soutien gorge, les lèvres coururent sur ses seins, chaudes et légères.

Les pointes de ses seins gonflèrent, dures et tendues. Heather fit glisser la fermeture Éclair de la robe de sa partenaire, se mit à la caresser, se baissa légèrement pour lui aspirer les seins. Darleen s’accroupit tout en parcourant son corps de baisers, descendit sur le ventre. Elle lui enleva son string en dentelle, il était trempé de la sève qui coulait de son sexe. Elle découvrit une fine toison, façon ticket de métro, le mont de Venus était dodu, fortement bombé. Darleen donna des coups de langue sur son pubis et suça son clitoris. Puis, Heather se retourna. De sa langue experte, Darleen descendit le long de son dos et écarta ses fesses afin de lui lécher la rosette. Un soupir plaintif lui répondit.

« Suce-moi ! » gémit Darleen.

Heather s’accroupit à son tour, écarta ses cuisses et le mouvement entrouvrit sa fente avec un chuintement de baiser. Le sexe exhala une odeur chaude et animale qu’Heather renifla avec circonspection. Elle plongea dans sa chair molle et visqueuse. On aurait dit un morceau de viande rouge tel un pavé de rumsteck. Elle goûta du bout de la langue. Elle faufila sa langue le long de la fente et heurta l’excroissance du clitoris. Alors, sans plus de retenue, elle lécha avidement, suça, mordilla, aspira le clitoris qu’elle tenait entre ses lèvres. Elle colla ses lèvres à l’ouverture du vagin et but la mouille qui en coulait. Le jus était gras et acide, la peau satinée. Les petits cris se succédaient, les gémissements s’amplifiaient : « Ah oui ! continue, fais rentrer ta langue, je vais jouir… » Heather éprouva de la fierté quand la blonde avoua, avec un soudain raidissement de tout son corps, qu’elle était en train de jouir. Heather s’abandonna à son tour et se livra comme elle ne s’était livrée à personne, ardente et déchaînée.

Elle pouvait enfin être elle-même et assouvir ses désirs les plus intimes, ceux qu’elle n’avait jamais confiés. Plusieurs orgasmes les secouèrent et elles restèrent longtemps, immobiles, à reprendre leur souffle. Exténuées et comblées, elles se séparèrent dans un dernier baiser.

 

Une fois rentrée dans sa chambre, Heather se mit réfléchir à ce qui venait de se produire. C’était si éloigné de tout ce qu’elle avait vécu jusqu’à présent! Mais elle était sûre d’une chose : ça lui avait plu !
Tout en s’interrogeant sur l’homosexualité, le sommeil la gagna.

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